À l’heure où le Parlement s’apprête à examiner le projet de loi relatif à l’évolution des polices municipales, une initiative rare et forte vient rappeler une réalité trop souvent ignorée : celle des femmes et des hommes qui exercent ces missions au quotidien.
Quatre associations représentative la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF), la Fédération nationale des directeurs de police municipale (FNDPM), l’Association nationale des cadres de police municipale (ANCPM) et l’Association nationale des cadres territoriaux de la sécurité (ANCTS) — ont décidé de parler d’une seule voix.
Dans deux lettres ouvertes adressée aux députés et aux sénateurs, ces organisations apolitiques et non syndicales tirent la sonnette d’alarme. Si le texte de loi promet une évolution des prérogatives et des missions, il reste, selon elles, dramatiquement silencieux sur un point essentiel : le volet social.
Une profession sous tension, en quête de reconnaissance
Fatigue chronique, exposition permanente à la violence, sentiment d’isolement institutionnel : les policiers municipaux font aujourd’hui face à une réalité de terrain de plus en plus exigeante. Intervenant sur des problématiques complexes — troubles à l’ordre public, violences urbaines, gestion de crise, plans communaux de sauvegarde, manifestations d’ampleur ou encore développement des polices pluri-communales — ils sont devenus un pilier incontournable de la sécurité du quotidien.
Pourtant, leur statut, leurs conditions d’exercice et leurs garanties sociales ne sont pas à la hauteur des responsabilités qui leur sont confiées. Dans un contexte de désengagement progressif de l’État sur certaines missions de proximité, la police municipale est souvent en première ligne, sans pour autant disposer des moyens, de la reconnaissance ou de la protection attendus.
Une loi déséquilibrée sans mesures sociales
Les quatre associations pointent un déséquilibre majeur du projet de loi : moderniser les missions sans reconnaître humainement et socialement ceux qui les exercent. Elles réclament notamment :
- une reconnaissance statutaire pleine et entière ;
- une retraite digne, proportionnée à la pénibilité et aux risques du métier ;
- un renforcement de la protection fonctionnelle et juridique des agents ;
- des moyens matériels et humains adaptés aux missions ;
- une place clairement affirmée de la police municipale dans l’architecture nationale de sécurité.
À leurs yeux, il ne peut y avoir de réforme crédible sans une prise en compte sérieuse de ces revendications.
Repenser la concertation nationale
Autre point fort des courriers : la remise en question de la commission consultative des polices municipales. Jugée inactive et rarement réunie, elle ne répond plus aux enjeux actuels. Les associations proposent sa suppression au profit d’une direction unique des partenariats, chargée de piloter le continuum de sécurité et d’animer les relations avec les polices municipales et les gardes champêtres, en intégrant pleinement les représentants de la profession.
Un appel solennel aux députés et aux sénateurs,
Pour les signataires, le message est clair : le texte qui sera examiné n’est pas un simple ajustement technique. Il engage l’avenir de la police municipale, la dignité de ses personnels et, au-delà, la confiance des citoyens envers leurs institutions de proximité.
En s’unissant, la FNPMF, la FNDPM, l’ANCPM et l’ANCTS entendent peser dans le débat parlementaire et trouver des relais au sein de l’Assemblée nationale. Leur ambition est celle d’une police municipale moderne, de proximité, juridiquement claire, bien formée, pleinement complémentaire des forces régaliennes — mais aussi reconnue, protégée et respectée.
Car, comme elles le rappellent avec force :
il n’y aura pas de sécurité du quotidien durable sans agents reconnus, motivés et protégés.






